Le traitement des stocks à l’inventaire

Objectif

À la fin de cette partie, vous serez capable de :

  • définir les stocks et comprendre leur rôle dans le cycle d’exploitation de l’entreprise ;

  • distinguer l’inventaire intermittent de l’inventaire permanent et comprendre leurs conséquences comptables ;

  • valoriser les sorties de stock et le stock final à l’aide des méthodes CMUP, PEPS et DEPS ;

  • identifier les situations justifiant une dépréciation des stocks et appliquer le principe de non-compensation ;

  • calculer une dépréciation de stock à partir de la comparaison entre coût d’entrée et valeur actuelle ;

  • passer les écritures d’annulation du stock initial, d’enregistrement du stock final, de variation de stock et de dépréciation.

Introduction : L'importance de la gestion des stocks

La gestion des stocks est un aspect fondamental de la comptabilité pour toute entreprise ayant des flux de marchandises ou de matières premières. Une mauvaise gestion des stocks peut entraîner des problèmes de trésorerie, une mauvaise évaluation des coûts, et une mauvaise prise de décision stratégique.

Rappel de la métaphore de l’ombre des objets

Cette métaphore sera utile ici pour comprendre la cinématique de traitement des stocks à l'inventaire. En effet plusieurs opérations peuvent avoir lieu :

  • Annulation d'un stock initial ;

  • Constatation d'un stock final

  • Reprise des éventuelles dépréciations qui portaient sur le stock initial ;

  • Enregistrement des éventuelles dépréciations portant sur le stock final.

La métaphore nous permet de bien comprendre le traitement de chaque élément : comme nous l'avons expliqué au tout début de ce cours, chaque actif doit être traité comme une vitre qui est enregistré initialement au bilan dans un état neuf (donc totalement transparente), puis avec le temps cette vitre hé connaître les évolutions telles qu'elle pourrait projeter une ombre au bilan (par exemple si elle est tachée = dépréciée).

Dans le cadre des écritures le traitement des stocks, nous allons raisonner comme si l ’on faisait disparaître les vitres initiales (le stock initial), ce qui implique une disparition des ombres qui étaient éventuellement projetées par ce stock initial. Puis l’on va constater le stock final qui lui-même projettera une ombre si celui-ci doit être déprécié.

Les fondamentaux des stocks en comptabilité

Définition des stocks

Les stocks désignent l'ensemble des biens détenus par une entreprise, destinés à être vendus ou utilisés dans le processus de production. Ils incluent les matières premières, les produits en cours de fabrication, et les produits finis.

Exemple :

Une entreprise de production de meubles gère des matières premières comme le bois et les clous (entrées), et des produits finis comme des meubles prêts à être vendus (sorties).

Le cycle des stocks : Entrées et sorties

Les stocks évoluent constamment avec les entrées (achat de matières premières) et les sorties (vente de produits finis). L'équation de base pour le suivi des stocks est la suivante :

L’impact économique de la gestion des stocks

Une bonne valorisation des stocks permet de calculer précisément le coût de production et d'évaluer la rentabilité des opérations. Les fluctuations des prix d’achat et des coûts indirects (comme les frais de stockage ou de main-d'œuvre) influencent directement la valorisation des stocks et les décisions stratégiques.

Les fiches de stocks

Les fiches de stocks permettent de suivre ces mouvements. Elles se présentent sous cette forme :

Entrées

Sorties

Quantité

Unité

Total

Quantité

Unité

Total

Stock initial

1 500

5,00 €

7 500,00 €

19 800

?

?

Entrées

20 000

7,12 €

142 378,10 €

1 700

?

?

Total

21 500

6,97 €

149 878,10 €

21 500

6,97 €

149 878,10 €

La question centrale est de savoir quelle sera la valeur des sorties et du stock final. Cette valeur dépend de la méthode utilisée pour évaluer les stocks et du type d’inventaire réalisé.

Règle générale des stocks

Remarque : Quelle que soit la méthode utilisée, les stocks respectent la règle suivante :

Les méthodes d’inventaire

L’inventaire intermittent (ou périodique)

Dans cette méthode, l'inventaire est réalisé à intervalles réguliers, généralement à la fin d’une période (mois, trimestre, année).

  • Avantages : Méthode simple à mettre en œuvre.

  • Inconvénients : Il est impossible de connaître la valeur des stocks en temps réel.

Exemple

Une boutique de vêtements réalise un inventaire à la fin de chaque trimestre pour connaître ses stocks restants.

L’inventaire permanent

L'inventaire permanent permet de suivre les stocks en temps réel, en enregistrant chaque entrée et sortie.

  • Avantages : Offre une vision continue de la situation des stocks.

  • Inconvénients : Nécessite un système informatisé pour suivre les mouvements.

Exemple

Les grandes surfaces utilisent des systèmes d'inventaire permanent pour suivre la quantité de chaque article en stock.

Les méthodes de valorisation des stocks

Méthode CMUP (Coût Moyen Unitaire Pondéré)

Le CMUP consiste à calculer une moyenne pondérée du coût des articles en stock après chaque entrée. Ce coût moyen est appliqué à toutes les sorties jusqu’à la prochaine entrée.

Formule du CMUP :

Exemple

Si une entreprise a 1 600 unités de stock initial à 30 € l’unité (48 000 €) et qu’elle achète 1 000 unités supplémentaires à 32 € l’unité (32 000 €), la nouvelle valeur moyenne sera calculée ainsi :

Méthode PEPS (FIFO - Premier Entré, Premier Sorti)

Dans cette méthode, les premiers produits entrés en stock sont les premiers à sortir.

Exemple

Pour une sortie de 400 unités, les produits valorisés à 30 € (prix d’achat du stock initial) seront sortis en premier.

Calcul :

Valeur des sorties = 400 unités × 30 € = 12 000 €

Méthode DEPS (LIFO - Dernier Entré, Premier Sorti)

Dans cette méthode, les produits les plus récents sont sortis en premier. Elle peut être avantageuse en période d’inflation pour réduire la valeur des stocks.

Exemple

Si une entreprise fait une sortie de 400 unités après avoir acheté 1 000 unités à 32 €, la sortie sera valorisée au prix des unités entrées en dernier.

Calcul :

Valeur des sorties = 400 unités × 32 € = 12 800 €

Applications pratiques des méthodes de valorisation

Méthode 1 : CMUP avec inventaire permanent

Dans le cadre d’un inventaire permanent, la valeur des stocks est recalculée après chaque entrée, ce qui permet de suivre l’évolution des coûts en temps réel.

Exemple

Stock initial : 1 600 unités à 30 € (48 000 €)

Nouvelle entrée : 1 000 unités à 32 € (32 000 €)

Le calcul du CMUP serait :

E

S

Stocks

Q

U

I

Q

U

I

Q

U

E

SI

1600

30,00 €

48 000,00 €

1600

30

48 000,00 €

E

1000

32,00 €

32 000,00 €

2600

30,77 €

80 000,00 €

S

400

30,77 €

12 307,69 €

2200

30,77 €

67 692,31 €

S

300

30,77 €

9 230,77 €

1900

30,77 €

58 461,54 €

E

200

34,00 €

6 800,00 €

2100

31,08 €

65 261,54 €

E

400

36,00 €

14 400,00 €

2500

31,86 €

79 661,54 €

S

1200

31,86 €

38 237,54 €

1300

31,86 €

41 424,00 €

S

300

31,86 €

9 559,38 €

1000

31,86 €

31 864,62 €

Méthode 2 : FIFO (PEPS) avec inventaire permanent

Le principe est que les produits les plus anciens sont vendus en premier. Par exemple, si 400 unités sont sorties, elles sont valorisées au prix du stock initial.

E

S

Stocks

Q

U

I

Q

U

I

Q

U

E

SI

1600

30,00 €

48 000,00 €

1600

30

48 000,00 €

E

1000

32,00 €

32 000,00 €

2600

80 000,00 €

S

400

30,00 €

12 000,00 €

2200

68 000,00 €

S

300

30,00 €

9 000,00 €

1900

59 000,00 €

E

200

34,00 €

6 800,00 €

2100

65 800,00 €

E

400

36,00 €

14 400,00 €

2500

80 200,00 €

S

1200

30,50 €

36 600,00 €

1300

43 600,00 €

S

300

32,00 €

9 600,00 €

1000

34 000,00 €

Pour la première sortie, les 400 produits à retirer proviennent du stock initial de 1 600 unités, valorisé à 30 € par unité. Il en va de même pour la sortie de 300 unités, qui sont également prélevées dans ce stock initial, lequel passe alors à 1 200 unités (1 600 - 400).

En revanche, pour la sortie de 1 200 unités, 900 sont prélevées du stock initial restant (1 600 - 400 - 700), tandis que les 300 unités restantes proviennent des entrées, valorisées à 32 € l'unité. Cela donne :

Méthode 3 : LIFO (DEPS) avec inventaire permanent

Dans ce cas, les produits entrés en dernier sortent en premier. Par exemple, une sortie de 400 unités serait valorisée au prix des 1000 dernières unités entrées à 32€.

E

S

Stocks

Q

U

I

Q

U

I

Q

U

E

SI

1 600

30,00 €

48 000,00 €

1 600

30

48 000,00 €

E

1 000

32,00 €

32 000,00 €

2 600

80 000,00 €

S

400

32,00 €

12 800,00 €

2 200

67 200,00 €

S

300

32,00 €

9 600,00 €

1 900

57 600,00 €

E

200

34,00 €

6 800,00 €

2 100

64 400,00 €

E

400

36,00 €

14 400,00 €

2 500

78 800,00 €

S

1 200

33,17 €

39 800,00 €

1 300

39 000,00 €

S

300

30,00 €

9 000,00 €

1 000

30 000,00 €

Méthode 4 : CMUP avec inventaire périodique

L'inventaire s'effectue en deux étapes :

  • Calcul de la valeur unitaire des stocks à partir des entrées et du stock initial.

  • Application de cette valeur à toutes les sorties.

Synthèse et impact de l'inflation sur la valorisation des stocks

En période d'inflation, la méthode FIFO conduit à une valeur du stock final plus élevée que la méthode CMUP, suivie par la méthode LIFO. En revanche, lorsque les prix baissent, cet ordre est inversé.

E

S

Stocks

Q

U

I

Q

U

I

Q

U

E

SI

1600

30,00 €

48 000,00 €

1 600

31,63 €

50 600,00 €

E

1000

32,00 €

32 000,00 €

2 600

31,63 €

82 225,00 €

S

400

31,63 €

12 650,00 €

2 200

31,63 €

69 575,00 €

S

300

31,63 €

9 487,50 €

1 900

31,63 €

60 087,50 €

E

200

34,00 €

6 800,00 €

2 100

31,63 €

66 412,50 €

E

400

36,00 €

14 400,00 €

2 500

31,63 €

79 062,50 €

S

1 200

31,63 €

37 950,00 €

1 300

31,63 €

41 112,50 €

S

300

31,63 €

9 487,50 €

1 000

31,63 €

31 625,00 €

Total

3200

31,63 €

101 200,00 €

2 200

31,63 €

69 575,00 €

1 000

31 625,00 €

La dépréciation des stocks

Principe et application selon le type de stocks

Rappelons ici la métaphore de l'ombre des objets : tout actif est comme une vitre sur laquelle on projette de la lumière. Une dépréciation sur un objet est équivalent à une tâche qui, sous l'effet de la lumière, jette une ombre sur le bilan.

Cette dépréciation (tâche) peut être nettoyée, ce qui engendre une reprise, ou la vitre peut être définitivement retirée du bilan. Dans les deux cas, il faut penser à supprimer l'ombre de l'objet sur le bilan, qui n'a plus lieu d'être.

Quand faut-il déterminer une dépréciation des stocks ?

À l’inventaire, il faut calculer une dépréciation de stock dès que la valeur retenue en comptabilité à l’entrée (coût d’achat ou coût de production) devient supérieure à la valeur actuelle du stock à la clôture. Le PCG précise aussi que l’analyse se fait unité par unité, ou catégorie par catégorie, et qu’il faut tenir compte du prix et des perspectives de vente. Pour les marchandises et les matières premières, une appréciation sur la base d’une position globale documentée peut être admise.

Marchandises

Il faut déprécier les marchandises quand on pense qu’elles ne pourront plus être revendues au niveau de leur coût d’entrée. C’est typiquement le cas si elles sont démodées, détériorées, obsolètes, invendables sans rabais important, proches de la péremption, ou si elles ont perdu des débouchés. L’administration fiscale rappelle d’ailleurs que, pour des marchandises sans cours régulier, la baisse doit être justifiée par une dépréciation certaine, par exemple des détériorations matérielles, un changement de mode ou une perte de débouchés.

Matières premières

Il faut déprécier les matières premières lorsque leur valeur à la clôture devient inférieure à leur coût d’entrée : baisse durable du marché, détérioration, perte de qualité, inutilité technique, ou impossibilité de les employer dans de bonnes conditions économiques. Le PCG vise expressément les matières premières parmi les stocks pour lesquels une dépréciation peut être appréciée en tenant compte du prix et des perspectives de vente, voire sur une position globale documentée.

Autres approvisionnements

Pour les autres approvisionnements stockés (matières consommables, fournitures, emballages, etc.), la logique est la même : on déprécie lorsqu’ils ont perdu de la valeur ou de leur utilité pour l’entreprise. Par exemple, s’ils sont détériorés, devenus techniquement inutiles, dépassés, ou s’ils ne seront utilisés qu’avec une perte économique. Le fondement reste le même : à la clôture, les stocks sont réévalués et une dépréciation est nécessaire lorsque leur valeur actuelle est inférieure à leur valeur d’entrée.

En-cours de production de biens

Il faut déprécier un en-cours quand la valeur qu’on pourra tirer du produit une fois achevé ne permettra plus de couvrir ce qui est déjà incorporé dans l’en-cours. En pratique, cela vise les cas où le produit final sera vendu à perte, ou quand le coût déjà engagé est devenu trop élevé par rapport à la valeur économique attendue. Le BOFiP admet d’ailleurs qu’un produit en cours puisse être déprécié si son prix de revient est, à la date de l’inventaire, supérieur au cours du jour du produit à un stade de fabrication plus avancé.

En-cours de services

Même logique pour les prestations en cours : il faut déprécier si la valeur économique attendue du service en cours ne couvre plus les coûts déjà engagés. Autrement dit, si le contrat ou l’opération en cours devient déficitaire, l’en-cours ne doit pas rester valorisé à un montant supérieur à sa valeur réelle à la clôture. Le PCG soumet bien les productions en cours aux mêmes règles générales d’évaluation et de dépréciation que les autres stocks.

Produits finis

Il faut déprécier les produits finis lorsqu’ils ne pourront plus être vendus dans des conditions permettant de récupérer leur coût de production. Cela vise notamment les produits défectueux, invendables au prix normal, dépassés, trop anciens, stockés trop longtemps, ou nécessitant une baisse de prix significative pour être écoulés. Là encore, le critère central reste le même : le stock ne doit pas rester au bilan pour une valeur supérieure à celle que l’entreprise peut réellement en attendre.

Produits intermédiaires et résiduels

Ils doivent être dépréciés lorsqu’ils ont perdu de la valeur ou que leur valeur probable de réalisation est devenue inférieure à leur coût. Le BOFiP cite expressément les déchets et rebuts, qui sont évalués au cours du marché au jour de l’inventaire ou, à défaut, à leur valeur probable de réalisation.

Le cas où il ne faut pas déprécier

Il ne faut pas calculer de dépréciation lorsqu’un stock fait l’objet d’un contrat de vente ferme et que le prix convenu couvre la valeur d’entrée ainsi que tous les frais restant à supporter pour exécuter le contrat. Le PCG prévoit aussi cette règle pour certains approvisionnements individualisés entrant dans la fabrication de produits déjà vendus ferme.

En résumé

Pour chaque catégorie de stock, il faut donc se poser toujours la même question : est-ce que la valeur économique du stock à la clôture est devenue inférieure à son coût d’entrée ?

  • Si oui, il faut calculer une dépréciation.

  • Si non, il n’y en a pas.

Ensuite, il faut adapter la justification au type de stock : baisse du prix de vente pour les marchandises et produits finis, baisse de valeur ou d’utilité pour les matières et approvisionnements, perte sur l’opération pour les en-cours

Rappel du principe de non-compensation

Le principe de non-compensation est un principe fondamental du Plan comptable général. Il signifie qu’il est interdit de compenser entre eux des éléments d’actif et de passif, ou des charges et des produits. Chaque élément doit être évalué et présenté séparément, afin de donner une image fidèle de la situation de l’entreprise.

Appliqué aux stocks, ce principe implique que l’on ne peut pas compenser la perte de valeur d’un stock avec la hausse de valeur d’un autre. Concrètement, à l’inventaire, chaque catégorie de stock (et en principe chaque article) doit être examinée individuellement.

Ainsi :

  • si certains articles ont perdu de la valeur, une dépréciation doit être constatée pour ces seuls articles ;

  • on ne peut pas éviter cette dépréciation en faisant valoir que d’autres stocks ont pris de la valeur ou peuvent être vendus avec une marge plus élevée.

En pratique, cela signifie que les moins-values latentes doivent être comptabilisées, tandis que les plus-values latentes sur les stocks ne sont jamais enregistrées. Ce traitement prudentiel garantit que les stocks ne sont pas surévalués dans les comptes de l’entreprise

Exemple

Une entreprise fabrique et vend des trottinettes électriques. À la clôture de l’exercice, elle détient en stock 100 trottinettes modèle XR-2.

  • Valeur d’entrée du stock (coût de production)

    Le coût de production unitaire comprend :

    • Matières premières : 120 €

    • Main-d’œuvre : 60 €

    • Charges indirectes de production : 20 €

    Coût de production unitaire :

    Valeur comptable du stock :

  • Valeur actuelle à la clôture

    À cause de la sortie d’un nouveau modèle, l’entreprise estime que ces trottinettes devront être vendues avec une remise importante.

    Prix de vente probable : 180 € par unité

    Il reste toutefois des frais de commercialisation estimés à 10 € par unité (transport, commission, préparation).

  • Valeur nette de réalisation unitaire :

    La valeur actuelle est inférieure au coût.

    Perte de valeur unitaire :

  • Calcul de la dépréciation du stock

    Dépréciation totale :

    Le stock figure au bilan pour sa valeur d’entrée (20 000 €) mais il doit être corrigé par une dépréciation de 3 000 €, car sa valeur nette de réalisation est devenue inférieure à son coût de production.

Les écritures d’enregistrement de stock à l’inventaire

Logique des écritures

Par hypothèse, les stocks ont une durée de vie infra annuelle. Cela signifie concrètement que l'on part du principe qu'entre le début de l'exercice et la fin de l'exercice comptable, tous les stocks qui ont été constatés en début d'exercice ont disparu, soit parce qu'ils ont été utilisés/vendus, soit parce qu'ils ont été mis au rebut. Cela signifie que les stocks que l'on constate en fin d'année portent sur des produits différents de ce qui existait en début d'année.

C'est cela qui explique la logique que nous allons suivre à travers 4 écritures. Il s'agit d'enregistrer 4 écritures au maximum, mais le nombre total d'écriture dépend de plusieurs éléments :

  • l'existence ou non de stocks en début d'année ;

  • l'existence ou non d'une dépréciation portant sur ces stocks de début d'année ;

  • l'existence ou non de stocks de fin d'année ;

  • l'existence ou non d'une dépréciation portant sur ces stocks de fin d'année.

Schéma des écritures

Schéma général

Ecriture d’annulation du stock initial

  • Pour des matières premières ou marchandises

    Date de clôture de l’exercice

    Débit

    Crédit

    603XX

    Variations des stocks de …

    Valeur du stock initial

    3XX

    Stock de …

    Valeur du stock initial

  • Pour des produits en cours ou finis

    Date de clôture de l’exercice

    Débit

    Crédit

    713XX

    Variations des stocks de …

    Valeur du stock initial

    3XX

    Stocks de…

    Valeur du stock initial

Ecriture de reprise des dépréciations portant sur le stock initial

Date de clôture de l’exercice

Débit

Crédit

39XX

Dépréciation des stocks de …

Valeur de la dépréciation du stock concerné

39XX

….

Valeur de la dépréciation du stock concerné

781

RAP d’exploitation

Somme des reprises

Ecriture d’enregistrement du stock final

  • Pour des matières premières ou marchandises

    Date de clôture de l’exercice

    Débit

    Crédit

    3XX

    Stocks de …

    Valeur du stock final

    603XX

    Variations des stocks de …

    Valeur du stock final

  • Pour des produits en cours ou finis

    Date de clôture de l’exercice

    Débit

    Crédit

    3XX

    Stocks de…

    Valeur du stock final

    713XX

    Variations des stocks de …

    Valeur du stock final

Ecriture d’enregistrement des dépréciations portant sur le stock final

Date de clôture de l’exercice

Débit

Crédit

781

DAP d’exploitation

Somme des dotations

39XX

Dépréciation des stocks de …

Valeur de la dépréciation du stock concerné

39XX

Dépréciation des stocks de …

Valeur de la dépréciation du stock concerné

Exemple

Une entreprise clôture ses comptes au 31 décembre N.

Au début de l’exercice, les éléments figurant dans la balance sont les suivants :

Élément

Montant

Stock initial de marchandises

12 000 €

Dépréciation initiale sur stock de marchandises

800 €

Stock initial de produits finis

18 000 €

Dépréciation initiale sur stock de produits finis

1 200 €

Après inventaire physique au 31/12/N, l’entreprise constate les éléments suivants :

  • Le stock final de marchandises comprend 150 unités. Coût unitaire d’entrée : 90 €. En raison d’une baisse du marché, la valeur probable de revente n’est plus que de 85 € par unité, sans frais significatifs à ajouter.

  • Le stock final de produits finis comprend 200 unités. Coût de production unitaire : 100 €. En raison d’une obsolescence partielle, la valeur nette de réalisation n’est plus que de 92 € par unité.

Tableau récapitulatif de l’inventaire

Catégorie

Stock initial brut

Dépréciation initiale

Stock final brut

Valeur actuelle finale

Dépréciation finale nécessaire

Marchandises

12 000 €

800 €

13 500 €

12 750 €

750 €

Produits finis

18 000 €

1 200 €

20 000 €

18 400 €

1 600 €

Enregistrement des écritures

Ecriture d’annulation du stock initial

Date de clôture de l’exercice

Débit

Crédit

6037

Variations des stocks de marchandises

12 000,00 €

37

Stock de marchandises

12 000,00 €

Date de clôture de l’exercice

Débit

Crédit

7135

Variations des stocks de produits finis

18 000,00 €

35

Stocks de produits finis

18 000,00 €

Ecriture de reprise des dépréciations portant sur le stock initial

Date de clôture de l’exercice

Débit

Crédit

3931

Dépréciation des stocks de matières premières

800,00 €

3935

Dépréciation des stocks de produits finis

1200,00 €

781

RAP d’exploitation

2000,00 €

Ecriture d’enregistrement du stock final

  • Pour des matières premières ou marchandises

    Date de clôture de l’exercice

    Débit

    Crédit

    31

    Stocks de matières premières

    13 500,00 €

    6031

    Variations des stocks de matières premières

    13 500,00 €

  • Pour des produits en cours ou finis

    Date de clôture de l’exercice

    Débit

    Crédit

    35

    Stocks de produits finis

    20 000,00 €

    7135

    Variations des stocks de produits finis

    20 000,00 €

Ecriture d’enregistrement des dépréciations portant sur le stock final

Date de clôture de l’exercice

Débit

Crédit

781

DAP exploitation

2 350,00 €

39XX

Dépréciation des stocks de …

750,00 €

39XX

Dépréciation des stocks de …

1 600,00 €

Conclusion

Le choix de la méthode de valorisation des stocks doit être adapté aux besoins spécifiques de l’entreprise. Le FIFO est idéal en période d'inflation pour refléter la réalité physique des flux de stocks, tandis que le LIFO peut être avantageux pour réduire les coûts fiscaux. Le CMUP reste une méthode simple et efficace dans un contexte de variations modérées des prix.

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