À la fin de cette partie, vous serez capable de :
définir les stocks et comprendre leur rôle dans le cycle d’exploitation de l’entreprise ;
distinguer l’inventaire intermittent de l’inventaire permanent et comprendre leurs conséquences comptables ;
valoriser les sorties de stock et le stock final à l’aide des méthodes CMUP, PEPS et DEPS ;
identifier les situations justifiant une dépréciation des stocks et appliquer le principe de non-compensation ;
calculer une dépréciation de stock à partir de la comparaison entre coût d’entrée et valeur actuelle ;
passer les écritures d’annulation du stock initial, d’enregistrement du stock final, de variation de stock et de dépréciation.
Introduction : L'importance de la gestion des stocks
La gestion des stocks est un aspect fondamental de la comptabilité pour toute entreprise ayant des flux de marchandises ou de matières premières. Une mauvaise gestion des stocks peut entraîner des problèmes de trésorerie, une mauvaise évaluation des coûts, et une mauvaise prise de décision stratégique.
Rappel de la métaphore de l’ombre des objets
Cette métaphore sera utile ici pour comprendre la cinématique de traitement des stocks à l'inventaire. En effet plusieurs opérations peuvent avoir lieu :
Annulation d'un stock initial ;
Constatation d'un stock final
Reprise des éventuelles dépréciations qui portaient sur le stock initial ;
Enregistrement des éventuelles dépréciations portant sur le stock final.
La métaphore nous permet de bien comprendre le traitement de chaque élément : comme nous l'avons expliqué au tout début de ce cours, chaque actif doit être traité comme une vitre qui est enregistré initialement au bilan dans un état neuf (donc totalement transparente), puis avec le temps cette vitre hé connaître les évolutions telles qu'elle pourrait projeter une ombre au bilan (par exemple si elle est tachée = dépréciée).
Dans le cadre des écritures le traitement des stocks, nous allons raisonner comme si l ’on faisait disparaître les vitres initiales (le stock initial), ce qui implique une disparition des ombres qui étaient éventuellement projetées par ce stock initial. Puis l’on va constater le stock final qui lui-même projettera une ombre si celui-ci doit être déprécié.
Les fondamentaux des stocks en comptabilité
Définition des stocks
Les stocks désignent l'ensemble des biens détenus par une entreprise, destinés à être vendus ou utilisés dans le processus de production. Ils incluent les matières premières, les produits en cours de fabrication, et les produits finis.
Exemple :
Une entreprise de production de meubles gère des matières premières comme le bois et les clous (entrées), et des produits finis comme des meubles prêts à être vendus (sorties).
Le cycle des stocks : Entrées et sorties
Les stocks évoluent constamment avec les entrées (achat de matières premières) et les sorties (vente de produits finis). L'équation de base pour le suivi des stocks est la suivante :
L’impact économique de la gestion des stocks
Une bonne valorisation des stocks permet de calculer précisément le coût de production et d'évaluer la rentabilité des opérations. Les fluctuations des prix d’achat et des coûts indirects (comme les frais de stockage ou de main-d'œuvre) influencent directement la valorisation des stocks et les décisions stratégiques.
Les fiches de stocks
Les fiches de stocks permettent de suivre ces mouvements. Elles se présentent sous cette forme :
Entrées | Sorties | |||||
Quantité | Unité | Total | Quantité | Unité | Total | |
Stock initial | 1 500 | 5,00 € | 7 500,00 € | 19 800 | ? | ? |
Entrées | 20 000 | 7,12 € | 142 378,10 € | 1 700 | ? | ? |
Total | 21 500 | 6,97 € | 149 878,10 € | 21 500 | 6,97 € | 149 878,10 € |
La question centrale est de savoir quelle sera la valeur des sorties et du stock final. Cette valeur dépend de la méthode utilisée pour évaluer les stocks et du type d’inventaire réalisé.
Règle générale des stocks
Remarque : Quelle que soit la méthode utilisée, les stocks respectent la règle suivante :
Les méthodes d’inventaire
L’inventaire intermittent (ou périodique)
Dans cette méthode, l'inventaire est réalisé à intervalles réguliers, généralement à la fin d’une période (mois, trimestre, année).
Avantages : Méthode simple à mettre en œuvre.
Inconvénients : Il est impossible de connaître la valeur des stocks en temps réel.
Une boutique de vêtements réalise un inventaire à la fin de chaque trimestre pour connaître ses stocks restants.
L’inventaire permanent
L'inventaire permanent permet de suivre les stocks en temps réel, en enregistrant chaque entrée et sortie.
Avantages : Offre une vision continue de la situation des stocks.
Inconvénients : Nécessite un système informatisé pour suivre les mouvements.
Les grandes surfaces utilisent des systèmes d'inventaire permanent pour suivre la quantité de chaque article en stock.
Les méthodes de valorisation des stocks
Méthode CMUP (Coût Moyen Unitaire Pondéré)
Le CMUP consiste à calculer une moyenne pondérée du coût des articles en stock après chaque entrée. Ce coût moyen est appliqué à toutes les sorties jusqu’à la prochaine entrée.
Formule du CMUP :
Si une entreprise a 1 600 unités de stock initial à 30 € l’unité (48 000 €) et qu’elle achète 1 000 unités supplémentaires à 32 € l’unité (32 000 €), la nouvelle valeur moyenne sera calculée ainsi :
Méthode PEPS (FIFO - Premier Entré, Premier Sorti)
Dans cette méthode, les premiers produits entrés en stock sont les premiers à sortir.
Pour une sortie de 400 unités, les produits valorisés à 30 € (prix d’achat du stock initial) seront sortis en premier.
Calcul :
Valeur des sorties = 400 unités × 30 € = 12 000 €
Méthode DEPS (LIFO - Dernier Entré, Premier Sorti)
Dans cette méthode, les produits les plus récents sont sortis en premier. Elle peut être avantageuse en période d’inflation pour réduire la valeur des stocks.
Si une entreprise fait une sortie de 400 unités après avoir acheté 1 000 unités à 32 €, la sortie sera valorisée au prix des unités entrées en dernier.
Calcul :
Valeur des sorties = 400 unités × 32 € = 12 800 €
Applications pratiques des méthodes de valorisation
Méthode 1 : CMUP avec inventaire permanent
Dans le cadre d’un inventaire permanent, la valeur des stocks est recalculée après chaque entrée, ce qui permet de suivre l’évolution des coûts en temps réel.
Stock initial : 1 600 unités à 30 € (48 000 €)
Nouvelle entrée : 1 000 unités à 32 € (32 000 €)
Le calcul du CMUP serait :
E | S | Stocks | |||||||
Q | U | I | Q | U | I | Q | U | E | |
SI | 1600 | 30,00 € | 48 000,00 € | 1600 | 30 | 48 000,00 € | |||
E | 1000 | 32,00 € | 32 000,00 € | 2600 | 30,77 € | 80 000,00 € | |||
S | 400 | 30,77 € | 12 307,69 € | 2200 | 30,77 € | 67 692,31 € | |||
S | 300 | 30,77 € | 9 230,77 € | 1900 | 30,77 € | 58 461,54 € | |||
E | 200 | 34,00 € | 6 800,00 € | 2100 | 31,08 € | 65 261,54 € | |||
E | 400 | 36,00 € | 14 400,00 € | 2500 | 31,86 € | 79 661,54 € | |||
S | 1200 | 31,86 € | 38 237,54 € | 1300 | 31,86 € | 41 424,00 € | |||
S | 300 | 31,86 € | 9 559,38 € | 1000 | 31,86 € | 31 864,62 € | |||
Méthode 2 : FIFO (PEPS) avec inventaire permanent
Le principe est que les produits les plus anciens sont vendus en premier. Par exemple, si 400 unités sont sorties, elles sont valorisées au prix du stock initial.
E | S | Stocks | |||||||
Q | U | I | Q | U | I | Q | U | E | |
SI | 1600 | 30,00 € | 48 000,00 € | 1600 | 30 | 48 000,00 € | |||
E | 1000 | 32,00 € | 32 000,00 € | 2600 | 80 000,00 € | ||||
S | 400 | 30,00 € | 12 000,00 € | 2200 | 68 000,00 € | ||||
S | 300 | 30,00 € | 9 000,00 € | 1900 | 59 000,00 € | ||||
E | 200 | 34,00 € | 6 800,00 € | 2100 | 65 800,00 € | ||||
E | 400 | 36,00 € | 14 400,00 € | 2500 | 80 200,00 € | ||||
S | 1200 | 30,50 € | 36 600,00 € | 1300 | 43 600,00 € | ||||
S | 300 | 32,00 € | 9 600,00 € | 1000 | 34 000,00 € | ||||
Pour la première sortie, les 400 produits à retirer proviennent du stock initial de 1 600 unités, valorisé à 30 € par unité. Il en va de même pour la sortie de 300 unités, qui sont également prélevées dans ce stock initial, lequel passe alors à 1 200 unités (1 600 - 400).
En revanche, pour la sortie de 1 200 unités, 900 sont prélevées du stock initial restant (1 600 - 400 - 700), tandis que les 300 unités restantes proviennent des entrées, valorisées à 32 € l'unité. Cela donne :
Méthode 3 : LIFO (DEPS) avec inventaire permanent
Dans ce cas, les produits entrés en dernier sortent en premier. Par exemple, une sortie de 400 unités serait valorisée au prix des 1000 dernières unités entrées à 32€.
E | S | Stocks | |||||||
Q | U | I | Q | U | I | Q | U | E | |
SI | 1 600 | 30,00 € | 48 000,00 € | 1 600 | 30 | 48 000,00 € | |||
E | 1 000 | 32,00 € | 32 000,00 € | 2 600 | 80 000,00 € | ||||
S | 400 | 32,00 € | 12 800,00 € | 2 200 | 67 200,00 € | ||||
S | 300 | 32,00 € | 9 600,00 € | 1 900 | 57 600,00 € | ||||
E | 200 | 34,00 € | 6 800,00 € | 2 100 | 64 400,00 € | ||||
E | 400 | 36,00 € | 14 400,00 € | 2 500 | 78 800,00 € | ||||
S | 1 200 | 33,17 € | 39 800,00 € | 1 300 | 39 000,00 € | ||||
S | 300 | 30,00 € | 9 000,00 € | 1 000 | 30 000,00 € | ||||
Méthode 4 : CMUP avec inventaire périodique
L'inventaire s'effectue en deux étapes :
Calcul de la valeur unitaire des stocks à partir des entrées et du stock initial.
Application de cette valeur à toutes les sorties.
Synthèse et impact de l'inflation sur la valorisation des stocks
En période d'inflation, la méthode FIFO conduit à une valeur du stock final plus élevée que la méthode CMUP, suivie par la méthode LIFO. En revanche, lorsque les prix baissent, cet ordre est inversé.
E | S | Stocks | |||||||
Q | U | I | Q | U | I | Q | U | E | |
SI | 1600 | 30,00 € | 48 000,00 € | 1 600 | 31,63 € | 50 600,00 € | |||
E | 1000 | 32,00 € | 32 000,00 € | 2 600 | 31,63 € | 82 225,00 € | |||
S | 400 | 31,63 € | 12 650,00 € | 2 200 | 31,63 € | 69 575,00 € | |||
S | 300 | 31,63 € | 9 487,50 € | 1 900 | 31,63 € | 60 087,50 € | |||
E | 200 | 34,00 € | 6 800,00 € | 2 100 | 31,63 € | 66 412,50 € | |||
E | 400 | 36,00 € | 14 400,00 € | 2 500 | 31,63 € | 79 062,50 € | |||
S | 1 200 | 31,63 € | 37 950,00 € | 1 300 | 31,63 € | 41 112,50 € | |||
S | 300 | 31,63 € | 9 487,50 € | 1 000 | 31,63 € | 31 625,00 € | |||
Total | 3200 | 31,63 € | 101 200,00 € | 2 200 | 31,63 € | 69 575,00 € | 1 000 | 31 625,00 € | |
La dépréciation des stocks
Principe et application selon le type de stocks
Rappelons ici la métaphore de l'ombre des objets : tout actif est comme une vitre sur laquelle on projette de la lumière. Une dépréciation sur un objet est équivalent à une tâche qui, sous l'effet de la lumière, jette une ombre sur le bilan.
Cette dépréciation (tâche) peut être nettoyée, ce qui engendre une reprise, ou la vitre peut être définitivement retirée du bilan. Dans les deux cas, il faut penser à supprimer l'ombre de l'objet sur le bilan, qui n'a plus lieu d'être.
Quand faut-il déterminer une dépréciation des stocks ?
À l’inventaire, il faut calculer une dépréciation de stock dès que la valeur retenue en comptabilité à l’entrée (coût d’achat ou coût de production) devient supérieure à la valeur actuelle du stock à la clôture. Le PCG précise aussi que l’analyse se fait unité par unité, ou catégorie par catégorie, et qu’il faut tenir compte du prix et des perspectives de vente. Pour les marchandises et les matières premières, une appréciation sur la base d’une position globale documentée peut être admise.
Marchandises
Il faut déprécier les marchandises quand on pense qu’elles ne pourront plus être revendues au niveau de leur coût d’entrée. C’est typiquement le cas si elles sont démodées, détériorées, obsolètes, invendables sans rabais important, proches de la péremption, ou si elles ont perdu des débouchés. L’administration fiscale rappelle d’ailleurs que, pour des marchandises sans cours régulier, la baisse doit être justifiée par une dépréciation certaine, par exemple des détériorations matérielles, un changement de mode ou une perte de débouchés.
Matières premières
Il faut déprécier les matières premières lorsque leur valeur à la clôture devient inférieure à leur coût d’entrée : baisse durable du marché, détérioration, perte de qualité, inutilité technique, ou impossibilité de les employer dans de bonnes conditions économiques. Le PCG vise expressément les matières premières parmi les stocks pour lesquels une dépréciation peut être appréciée en tenant compte du prix et des perspectives de vente, voire sur une position globale documentée.
Autres approvisionnements
Pour les autres approvisionnements stockés (matières consommables, fournitures, emballages, etc.), la logique est la même : on déprécie lorsqu’ils ont perdu de la valeur ou de leur utilité pour l’entreprise. Par exemple, s’ils sont détériorés, devenus techniquement inutiles, dépassés, ou s’ils ne seront utilisés qu’avec une perte économique. Le fondement reste le même : à la clôture, les stocks sont réévalués et une dépréciation est nécessaire lorsque leur valeur actuelle est inférieure à leur valeur d’entrée.
En-cours de production de biens
Il faut déprécier un en-cours quand la valeur qu’on pourra tirer du produit une fois achevé ne permettra plus de couvrir ce qui est déjà incorporé dans l’en-cours. En pratique, cela vise les cas où le produit final sera vendu à perte, ou quand le coût déjà engagé est devenu trop élevé par rapport à la valeur économique attendue. Le BOFiP admet d’ailleurs qu’un produit en cours puisse être déprécié si son prix de revient est, à la date de l’inventaire, supérieur au cours du jour du produit à un stade de fabrication plus avancé.
En-cours de services
Même logique pour les prestations en cours : il faut déprécier si la valeur économique attendue du service en cours ne couvre plus les coûts déjà engagés. Autrement dit, si le contrat ou l’opération en cours devient déficitaire, l’en-cours ne doit pas rester valorisé à un montant supérieur à sa valeur réelle à la clôture. Le PCG soumet bien les productions en cours aux mêmes règles générales d’évaluation et de dépréciation que les autres stocks.
Produits finis
Il faut déprécier les produits finis lorsqu’ils ne pourront plus être vendus dans des conditions permettant de récupérer leur coût de production. Cela vise notamment les produits défectueux, invendables au prix normal, dépassés, trop anciens, stockés trop longtemps, ou nécessitant une baisse de prix significative pour être écoulés. Là encore, le critère central reste le même : le stock ne doit pas rester au bilan pour une valeur supérieure à celle que l’entreprise peut réellement en attendre.
Produits intermédiaires et résiduels
Ils doivent être dépréciés lorsqu’ils ont perdu de la valeur ou que leur valeur probable de réalisation est devenue inférieure à leur coût. Le BOFiP cite expressément les déchets et rebuts, qui sont évalués au cours du marché au jour de l’inventaire ou, à défaut, à leur valeur probable de réalisation.
Le cas où il ne faut pas déprécier
Il ne faut pas calculer de dépréciation lorsqu’un stock fait l’objet d’un contrat de vente ferme et que le prix convenu couvre la valeur d’entrée ainsi que tous les frais restant à supporter pour exécuter le contrat. Le PCG prévoit aussi cette règle pour certains approvisionnements individualisés entrant dans la fabrication de produits déjà vendus ferme.
En résumé
Pour chaque catégorie de stock, il faut donc se poser toujours la même question : est-ce que la valeur économique du stock à la clôture est devenue inférieure à son coût d’entrée ?
Si oui, il faut calculer une dépréciation.
Si non, il n’y en a pas.
Ensuite, il faut adapter la justification au type de stock : baisse du prix de vente pour les marchandises et produits finis, baisse de valeur ou d’utilité pour les matières et approvisionnements, perte sur l’opération pour les en-cours
Rappel du principe de non-compensation
Le principe de non-compensation est un principe fondamental du Plan comptable général. Il signifie qu’il est interdit de compenser entre eux des éléments d’actif et de passif, ou des charges et des produits. Chaque élément doit être évalué et présenté séparément, afin de donner une image fidèle de la situation de l’entreprise.
Appliqué aux stocks, ce principe implique que l’on ne peut pas compenser la perte de valeur d’un stock avec la hausse de valeur d’un autre. Concrètement, à l’inventaire, chaque catégorie de stock (et en principe chaque article) doit être examinée individuellement.
Ainsi :
si certains articles ont perdu de la valeur, une dépréciation doit être constatée pour ces seuls articles ;
on ne peut pas éviter cette dépréciation en faisant valoir que d’autres stocks ont pris de la valeur ou peuvent être vendus avec une marge plus élevée.
En pratique, cela signifie que les moins-values latentes doivent être comptabilisées, tandis que les plus-values latentes sur les stocks ne sont jamais enregistrées. Ce traitement prudentiel garantit que les stocks ne sont pas surévalués dans les comptes de l’entreprise
Exemple
Une entreprise fabrique et vend des trottinettes électriques. À la clôture de l’exercice, elle détient en stock 100 trottinettes modèle XR-2.
Valeur d’entrée du stock (coût de production)
Le coût de production unitaire comprend :
Matières premières : 120 €
Main-d’œuvre : 60 €
Charges indirectes de production : 20 €
Coût de production unitaire :
Valeur comptable du stock :
Valeur actuelle à la clôture
À cause de la sortie d’un nouveau modèle, l’entreprise estime que ces trottinettes devront être vendues avec une remise importante.
Prix de vente probable : 180 € par unité
Il reste toutefois des frais de commercialisation estimés à 10 € par unité (transport, commission, préparation).
Valeur nette de réalisation unitaire :
La valeur actuelle est inférieure au coût.
Perte de valeur unitaire :
Calcul de la dépréciation du stock
Dépréciation totale :
Le stock figure au bilan pour sa valeur d’entrée (20 000 €) mais il doit être corrigé par une dépréciation de 3 000 €, car sa valeur nette de réalisation est devenue inférieure à son coût de production.
Les écritures d’enregistrement de stock à l’inventaire
Logique des écritures
Par hypothèse, les stocks ont une durée de vie infra annuelle. Cela signifie concrètement que l'on part du principe qu'entre le début de l'exercice et la fin de l'exercice comptable, tous les stocks qui ont été constatés en début d'exercice ont disparu, soit parce qu'ils ont été utilisés/vendus, soit parce qu'ils ont été mis au rebut. Cela signifie que les stocks que l'on constate en fin d'année portent sur des produits différents de ce qui existait en début d'année.
C'est cela qui explique la logique que nous allons suivre à travers 4 écritures. Il s'agit d'enregistrer 4 écritures au maximum, mais le nombre total d'écriture dépend de plusieurs éléments :
l'existence ou non de stocks en début d'année ;
l'existence ou non d'une dépréciation portant sur ces stocks de début d'année ;
l'existence ou non de stocks de fin d'année ;
l'existence ou non d'une dépréciation portant sur ces stocks de fin d'année.
Schéma des écritures
Schéma général
Ecriture d’annulation du stock initial
Pour des matières premières ou marchandises
N°
Date de clôture de l’exercice
Débit
Crédit
603XX
Variations des stocks de …
Valeur du stock initial
3XX
Stock de …
Valeur du stock initial
Pour des produits en cours ou finis
N°
Date de clôture de l’exercice
Débit
Crédit
713XX
Variations des stocks de …
Valeur du stock initial
3XX
Stocks de…
Valeur du stock initial
Ecriture de reprise des dépréciations portant sur le stock initial
N° | Date de clôture de l’exercice | Débit | Crédit | |
39XX | Dépréciation des stocks de … | Valeur de la dépréciation du stock concerné | ||
39XX | …. | Valeur de la dépréciation du stock concerné | ||
781 | RAP d’exploitation | Somme des reprises | ||
Ecriture d’enregistrement du stock final
Pour des matières premières ou marchandises
N°
Date de clôture de l’exercice
Débit
Crédit
3XX
Stocks de …
Valeur du stock final
603XX
Variations des stocks de …
Valeur du stock final
Pour des produits en cours ou finis
N°
Date de clôture de l’exercice
Débit
Crédit
3XX
Stocks de…
Valeur du stock final
713XX
Variations des stocks de …
Valeur du stock final
Ecriture d’enregistrement des dépréciations portant sur le stock final
N° | Date de clôture de l’exercice | Débit | Crédit | |
781 | DAP d’exploitation | Somme des dotations | ||
39XX | Dépréciation des stocks de … | Valeur de la dépréciation du stock concerné | ||
39XX | Dépréciation des stocks de … | Valeur de la dépréciation du stock concerné | ||
Exemple
Une entreprise clôture ses comptes au 31 décembre N.
Au début de l’exercice, les éléments figurant dans la balance sont les suivants :
Élément | Montant |
Stock initial de marchandises | 12 000 € |
Dépréciation initiale sur stock de marchandises | 800 € |
Stock initial de produits finis | 18 000 € |
Dépréciation initiale sur stock de produits finis | 1 200 € |
Après inventaire physique au 31/12/N, l’entreprise constate les éléments suivants :
Le stock final de marchandises comprend 150 unités. Coût unitaire d’entrée : 90 €. En raison d’une baisse du marché, la valeur probable de revente n’est plus que de 85 € par unité, sans frais significatifs à ajouter.
Le stock final de produits finis comprend 200 unités. Coût de production unitaire : 100 €. En raison d’une obsolescence partielle, la valeur nette de réalisation n’est plus que de 92 € par unité.
Tableau récapitulatif de l’inventaire
Catégorie | Stock initial brut | Dépréciation initiale | Stock final brut | Valeur actuelle finale | Dépréciation finale nécessaire |
Marchandises | 12 000 € | 800 € | 13 500 € | 12 750 € | 750 € |
Produits finis | 18 000 € | 1 200 € | 20 000 € | 18 400 € | 1 600 € |
Enregistrement des écritures
Ecriture d’annulation du stock initial
N° | Date de clôture de l’exercice | Débit | Crédit | |
6037 | Variations des stocks de marchandises | 12 000,00 € | ||
37 | Stock de marchandises | 12 000,00 € | ||
N° | Date de clôture de l’exercice | Débit | Crédit | |
7135 | Variations des stocks de produits finis | 18 000,00 € | ||
35 | Stocks de produits finis | 18 000,00 € | ||
Ecriture de reprise des dépréciations portant sur le stock initial
N° | Date de clôture de l’exercice | Débit | Crédit | |
3931 | Dépréciation des stocks de matières premières | 800,00 € | ||
3935 | Dépréciation des stocks de produits finis | 1200,00 € | ||
781 | RAP d’exploitation | 2000,00 € | ||
Ecriture d’enregistrement du stock final
Pour des matières premières ou marchandises
N°
Date de clôture de l’exercice
Débit
Crédit
31
Stocks de matières premières
13 500,00 €
6031
Variations des stocks de matières premières
13 500,00 €
Pour des produits en cours ou finis
N°
Date de clôture de l’exercice
Débit
Crédit
35
Stocks de produits finis
20 000,00 €
7135
Variations des stocks de produits finis
20 000,00 €
Ecriture d’enregistrement des dépréciations portant sur le stock final
N° | Date de clôture de l’exercice | Débit | Crédit | |
781 | DAP exploitation | 2 350,00 € | ||
39XX | Dépréciation des stocks de … | 750,00 € | ||
39XX | Dépréciation des stocks de … | 1 600,00 € | ||
Conclusion
Le choix de la méthode de valorisation des stocks doit être adapté aux besoins spécifiques de l’entreprise. Le FIFO est idéal en période d'inflation pour refléter la réalité physique des flux de stocks, tandis que le LIFO peut être avantageux pour réduire les coûts fiscaux. Le CMUP reste une méthode simple et efficace dans un contexte de variations modérées des prix.