Suivi des créances clients (3 clients, sans journal)

Apprenez à suivre les créances clients, les clients douteux, les dépréciations, les reprises et les pertes irrécouvrables.

Énoncé

L'entreprise Manufacture Bardin SA effectue le suivi de ses créances clients pour préparer son inventaire comptable au 31/12/2025. Elle a relevé les informations suivantes sur ses différentes créances :

Industries Fontaine SA

Nouveau client douteux : risque estimé à 60% du HT.

Comptable Dalmas EIRL

Client déjà douteux : risque estimé à 30% du HT.

Rivière SAS

Créance irrécouvrable

Travail à faire :

Questions

Construisez le tableau d'ajustement des dépréciations des comptes clients au 31/12/2025.

Industries Fontaine SA

20 %

840.00

0.00

9 240.00

Comptable Dalmas EIRL

20 %

1 320.00

950.00

2 280.00

Rivière SAS

20 %

2 520.00

3 650.00

8 760.00

Ajustement des dépréciations des comptes clients

Corrigé et rappels de cours

Industries Fontaine SA

0.00

4 200.00

20 %

Nouveau client douteux

840.00

7 000.00

8 400.00

9 240.00

Comptable Dalmas EIRL

710.00

240.00

Client déjà douteux

1 320.00

800.00

960.00

950.00

2 280.00

Rivière SAS

3 650.00

Créance irrécouvrable

2 520.00

5 200.00

6 240.00

8 760.00

Ajustement des dépréciations des comptes clients

Rappel de cours : le suivi des créances à la clôture

Le suivi des créances clients est une opération d'inventaire réalisée en fin d'exercice. Il consiste à examiner chaque créance enregistrée au compte 411 afin d'évaluer le risque de non-recouvrement et d'en tirer les conséquences comptables.

Quatre types d'opérations peuvent en résulter :

le reclassement d'une créance en créance douteuse (transfert de 411 vers 416) ;

la dotation aux dépréciations lorsque le risque de non-recouvrement apparaît ou s'aggrave (compte 68174) ;

la reprise sur dépréciations lorsque le risque se réduit ou disparaît (compte 78174) ;

la constatation d'une perte irrécouvrable lorsque la créance est définitivement perdue (compte 654), avec régularisation de la TVA collectée correspondante.

La logique de la dépréciation : l'ombre d'un risque au bilan

Chaque créance inscrite au bilan est comme une vitre sur laquelle on braque un projecteur. Dans son état initial, la vitre est parfaitement propre : elle laisse passer toute la lumière, aucune ombre n'apparaît au bilan, et la créance est inscrite pour sa valeur nominale, sans ajustement.

Lorsqu'un risque de non-recouvrement apparaît — un client qui tarde à payer, dont la situation financière se dégrade, ou dont on doute désormais de la solvabilité — la vitre se tache. Cette tache projette une ombre sur le bilan : c'est la dépréciation, enregistrée au compte 491. Tant que la perte n'est que probable et non certaine, l'ombre reste provisoire : la vitre est sale, mais elle peut encore être nettoyée.

Deux évolutions sont alors possibles :

Le risque diminue ou disparaît (paiement partiel, amélioration de la situation, risque réévalué à la baisse) : la vitre est nettoyée, totalement ou partiellement. On reprend la dépréciation à hauteur de l'amélioration constatée — on efface l'ombre du bilan via une reprise au compte 78174.

La perte devient certaine (client insolvable, créance définitivement irrécouvrable) : la vitre ne peut plus être nettoyée, elle est retirée du bilan. On sort la créance en constatant une perte au compte 654 et en régularisant la TVA collectée. Si une dépréciation avait été enregistrée lors d'un exercice antérieur, l'ombre disparaît en même temps que la vitre : la dépréciation existante est intégralement reprise — on ne peut pas maintenir au bilan l'ombre d'un objet qui n'existe plus.

À retenir : une dépréciation n'existe que le temps de l'incertitude. Dès que le doute se lève — dans un sens ou dans l'autre — l'ombre doit être ajustée ou supprimée.

Pourquoi déprécier une créance client ?

À la clôture, le principe de prudence impose de constater les pertes probables, même lorsqu'elles ne sont pas encore réalisées. Pour les créances clients, cela revient à évaluer le risque de non-recouvrement et à le traduire en comptabilité par une dépréciation.

La dépréciation est toujours calculée sur le montant HT de la créance, car la TVA reste récupérable : en cas de perte définitive, la TVA collectée sur la vente initiale pourra être régularisée via le compte 44571 et déduite de la TVA à reverser à l'État. Elle n'a donc pas à être dépréciée.

Au bilan, la dépréciation est portée au compte 491, qui est un compte correcteur d'actif. Elle vient diminuer la valeur nette des créances sans modifier leur valeur brute : juridiquement, la créance reste due ; comptablement, l'entreprise anticipe la perte.

Évaluer la dépréciation à la clôture 2025

L'évaluation se fait en deux temps.

1. Ramener la créance au HT. La créance figure au bilan en TTC (sur 411 ou 416). Pour obtenir la base de dépréciation, on la divise par 1 + taux de TVA :

où la créance TTC fin 2025 correspond à la créance à l'ouverture diminuée des encaissements de l'exercice.

2. Appliquer le taux de dépréciation. Ce taux reflète la probabilité de non-recouvrement appréciée par l'entreprise — de 0 % pour une créance redevenue saine à 100 % pour une créance définitivement perdue :

Dotation ou reprise : ajuster la dépréciation existante

La dépréciation constatée fin 2024 (solde d'ouverture du compte 491) ne correspond pas nécessairement à celle qu'il faut afficher fin 2025. Il faut donc ajuster le solde pour qu'il reflète la nouvelle estimation du risque.

On raisonne en variation :

Deux cas, mutuellement exclusifs sur une même créance :

La dotation traduit l'aggravation du risque : elle s'enregistre comme une charge. La reprise traduit son atténuation ou la disparition de la créance : elle s'enregistre comme un produit. Les deux ne peuvent jamais coexister sur une même ligne.

Statut de la créance et conséquences comptables

Le statut synthétise la situation du client à la clôture 2025. Il est le pivot qui détermine les écritures à passer :

Saine : aucune dépréciation, aucune écriture spécifique.

Nouveau client douteux : la créance doit d'abord être reclassée du compte 411 vers le compte 416, puis une première dépréciation est dotée.

Client déjà douteux : la créance est déjà au compte 416 depuis l'exercice précédent. On se contente d'ajuster la dépréciation (dotation si le risque s'aggrave, reprise dans le cas contraire).

Créance irrécouvrable : la créance sort définitivement du bilan (perte HT sur 654, TVA régularisée sur 44571, créance soldée au crédit de 411 ou 416). Toute dépréciation antérieure est alors soldée par une reprise intégrale.

Vous avez du mal à comprendre ? Consultez notre vidéo de cours !